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jeudi, 29 mai 2014 00:00

Le Rabot

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Depuis ton arrivée tu t'en es certainement rendu compte : la Cité Universitaire du Rabot n'est pas comme les autres. Hé oui qui l'eut crut, une Cité U dans un ancien fort militaire, quelle idée ??? Mais au fait d'où peuvent bien venir les bâtiments dans lesquels nous vivons chaque jour..?

 

 

Le Rabot est un fort intégré au sein d'un ancien système défensif dont la construction a commencé il y a plus de 5 siècles : La Bastille

La bastille est située sur le dernier promontoire du mont Rachais, étroite montagne la plus au sud du massif de la Chartreuse. Ce rocher calcaire situé à 476m d'altitude à été transformé en place forte au fil des siècles car il permettait de surveiller, de contrôler et de défendre la ville de Grenoble et les vallées de l'Isère du Grésivaudan, et du Drac, tout en étant très difficile à attaquer et à prendre car entouré de falaises et de pentes raides

 

 

En décembre 1590, le seigneur de Lesdiguières, chef des Huguenots du Dauphiné, s'empare de la ville de Grenoble, alors aux mains des catholiques, au cours de la huitième et dernière guerre de religion. Doté d'une armée de 1 200 hommes rassemblée à Moirans, il approche de Grenoble en passant par Saint-Martin-le-Vinoux, puis par un ressaut de la montagne du Rachais appelé le Rabot, tout en y évitant une maison-forte. Il vient positionner un seul canon sur les pentes du mont Rachais, car ce contrefort rocheux est considéré comme une barrière naturelle suffisante pour décourager l'avancée de troupes hostiles. Malgré un état d'alerte permanent et 24 points de surveillance dans la ville, celle-ci tombe aux mains de Lesdiguières après plus de trois semaines de siège.

En 1591, devenu gouverneur de Grenoble, il va immédiatement construire une petite citadelle fortifiée entourant la Tour de l'Isle afin d'avoir un point de replis en cas d'attaque de la ville ainsi qu'une bastille au sommet de la colline afin qu'aucun ennemi ne puisse approcher la ville depuis la Chartreuse, sans être repéré. Cette bastille qui va donner son nom à la colline, est achevée dès l'année suivante en 1592. Constituée d'une tour et d'une enveloppe de petits bastions, avec une construction pour abriter la troupe, elle est entourée d'un mur d'environ 1,30 mètre d'épaisseur qui mesure 68 mètres de long sur 50 mètres de large.

Un siècle après la construction de cette bastille, l'architecte militaire Vauban, lors de sa première inspection des fortifications des Alpes en septembre 1692, alerte le roi Louis XIV de la faiblesse des fortifications de Grenoble. Cependant, son programme d'amélioration des fortifications de la Bastille va quasiment rester lettre morte, malgré un plan de financement sur dix-huit ans, tout comme son projet d'agrandissement de l'enceinte de la ville vers le sud qu'il propose lors d'une seconde visite au cours du mois de juillet 1700. Seuls quelques terrassements et deux magasins à poudre sont réalisés.

Au cours du XVIIIe siècle, l'absence de menace sur la frontière des Alpes entraîne un désintérêt des militaires pour Grenoble et les fortifications ne sont plus entretenues. De plus, de grandes inondations de l'Isère en septembre 1733 et décembre 1741 monopolisent les esprits sur les moyens à mettre en œuvre pour venir à bout de ces catastrophes. De nombreux projets établis par des ingénieurs et topographes entre 1741 à 1787 prévoient de détourner les eaux de la rivière au sud de la ville pour en faire un obstacle infranchissable, mais faute de moyens, ces projets pourtant approuvés par le conseil des Ponts et chaussées, sont définitivement abandonnés en 1790.

Après la déroute Napoléonienne en Europe, le traité de Fontainebleau en 1814 puis celui de Paris l'année suivante, remettent Grenoble sur la frontière face au royaume de Piémont-Sardaigne. Ainsi, Louis XVIII décide en 1815, de renforcer sa présence militaire aux frontières. L'année suivante, il charge le général Haxo d'améliorer les fortifications de Grenoble devenues périmées et délabrées. Le projet définitif du fort de la Bastille que l'on visite de nos jours est adopté par le comité des fortifications dans sa séance du 29 août 1823 et les premiers travaux sur le site du nouveau fort et de ses fortifications débutent le 16 avril 1824.

Sur des pentes où alternent pointes rocheuses, falaises et éboulis, l'utilisation de plans en courbe de niveaux permet des calculs précis d'implantation et de hauteur. Les carrières de la porte de France situées en contrebas fournissent l'essentiel des pierres nécessaires qui sont hissées à dos de mulets.

Sur le versant ouest de la colline, côté porte de France, le général Haxo reprend le tracé des murs du XVIIe siècle et les transforme en murailles flanquées de casemates et de bastions, le tout couronné par le donjon, le fort proprement dit, construit après la démolition de la bastille de Lesdiguières. Précédé d'un fossé, ce fort est un ouvrage rectiligne composé de trois étages de casemates en pierres taillées, construit entre 1825 et 1830. Son accès est contrôlé par un pont-levis actionné par un système de contrepoids inventé sur place en 1833 par un homme du génie, le capitaine Guèze, futur responsable de la place. Les contrepoids creux en fonte s'emboîtent les uns dans les autres, réduisant ainsi la force exercée au fur et à mesure que la porte s'élève.

 

Toujours sur le versant ouest, est construit en contrebas, un autre fort plus modeste avec sa citadelle, celui du Rabot, situé dans l'enceinte des murailles. Construit de 1840 à 1847 à proximité de la vieille maison-forte Rabot du XVème siècle, à environ cinquante mètres au-dessus de la ville, sa vocation est d'héberger jusqu'à 900 hommes de troupe avec leurs officiers, d'abriter les hangars d'artillerie ainsi qu'un magasin à poudre loin du front probable d'attaque. Son accès est contrôlé par une porte monumentale équipée d'un pont-levis.

Versant est, côté porte Saint-Laurent, le général Haxo décide d'un tracé des murailles plus direct que celui pris par Lesdiguières. Il construit un escalier remarquable de 380 marches, coupé de 6 en 6 par des paliers d'où partent des degrés perpendiculaires qui gagnent le parapet. Enfin, pour faciliter les communications entre les deux branches des fortifications, une courtine située au tiers supérieur de la colline est construite. Elle relie les deux branches en suivant un tracé bastionné à peu près horizontal sur une distance d'environ 500 mètres.

 

Les travaux du fort et de ses fortifications sont achevés le 27 février 1847 par le chef du Génie, le colonel Guèze, et auront duré 23 ans. Par la suite, malgré la construction de la ceinture fortifiée de Grenoble dans les années 1870, une petite garnison de soldats est maintenue dans le fort jusqu'en 1940 et depuis 1970, l'ensemble du fort de la Bastille appartient à la ville de Grenoble. L'ensemble des ouvrages militaires de la Bastille fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 janvier 1989.

Quant au Rabot, il a été légué aux universités à la fin des années 1940 et est occupé par une résidences universitaires depuis 1952.

 

Toutes les informations sur le site de la Bastille sont disponible sur wikipédia et sur le site internet bastille-grenoble.fr.

 

Vue de la résidence Le Rabot et de Grenoble depuis la Bastille

"Je n'ai pas la force de décrire la vue admirable et changeant tous les cent pas, que l'on a depuis la Bastille… "

Stendhal

Lu 4378 fois Dernière modification le vendredi, 30 mai 2014 11:13

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